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L'OBJET INUTILE DU MOIS Février 2009 : le cockring compteur sexuel
Le cockring, littéralement, "anneau à quéquette", est par son inutilité une variante assez captivante du sex-toy pour hommes. Le grotesque vient s'ajouter à l'inutile avec un cockring d'un nouveau genre, vendu chez les principaux fournisseurs en quincaillerie sexo sous le nom de "Anneau compteur sexuel". Il compte en effet le nombre de va et viens effectués par le pénis lors des ébats amoureux de l'homme qui l'utilise. On imagine le sourire plutôt jaune de l'éjaculateur précoce trahit par un humiliant "7" affiché par son cockring... encore que, le "299876" obtenu par monsieur-peine-à-jouir ne manque pas de sel non plus. Monsieur R. Janvier 2009 : le sextoy Barack Obama
Le business du sextoy, c'est avant tout la science de l'opportunisme. Si les français sont très imaginatifs en la matière, les américains ne déméritent pas, comme l'a montré la commercialisation d'une poupée gonflable Sarah Palin qui a battu des records de vente pendant la campagne électorale américaine. Il est fort à parier que le godemiché Obama (un gode avec la tête du président américain en guise de gland) connaîtra lui aussi un aimable succès, et pourquoi pas en France, qui à l'occasion d'élections fictives en forme de sondage avait élu le beau métisse président à 80% des voix contre 20% pour le rougeaud et pu glamour Mac Cain. Un objet qui ravira les amateurs de fun et qui pour les autres trouvera une place de choix dans le tiroir à conneries-qu-on-ose-pas-jeter-car-ce-sont-des-cadeaux aux côtés de la paire de chaussette Titi et Grominet, la peluche Casimir et le caleçon "couché Médor!". Monsieur R. Décembre 2008 : le calendrier Pirelli 2009
Version luxe du poster d'actrice porno à gros seins punaisé dans la cabine du camionneur, le non moins beauf calendrier Pirelli cuvée 2009 a été présenté à la presse le 20 novembre dernier. Entièrement réalisé au Botswana, il met en scène sept mannequins anorexiques (mais pas à cause de la famine) au milieu des éléphants, lémuriens et humains locaux réduits par assimilation à l'état d'animaux au motif que « Only beauty can save the world », qui sert de titre à cette trente-sixième édition se réclamant « inspirée par le courant naturaliste américain du XIXe siècle ». Mais le meilleur gag est dans le communiqué de presse, qui affirme très sérieusement que "les femmes de Beard (le photographe) se présentent telles des figures nées du ventre de la Nature, héroïques et pleines de force." Tout ça pour le prospectus publicitaire annuel d'une marque de pneu, donc. Monsieur R.
Novembre 2008 : Le kit de moulage "Clone a pussy"
Le kit de moulage "Clone a pussy" propose, comme son nom et son emballage l'indiquent, la possibilité de réaliser un moule des plis du sexe féminin. Le mode d'utilisation est simple : il suffit d'étaler une pâte à empreinte sur la zone intime, attendre 3 minutes, remplir le moule ainsi réalisé d'une autre pâte durcissante en plastique qui donnera l'objet final, dont on se demande bien à quoi il peut servir sinon à ajouter encore un petit sou dans la bourse des boutiquiers du sexe. Un "gadget sexuel" comme il en existe tant d'autres, et ne mériterait donc certes pas qu'on lui accorde une publicité supplémentaire à celle que lui font déjà les sites de vente sex-toys en ligne, mais par sa nature même, il offre une constatation plus qu'intéressante : si le sexe de la femme est poilu, le moulage ne peut logiquement pas fonctionner (il suffit de regarder l'emballage du produit pour s'en rendre compte). "Clone a pussy" ne s'adresse donc qu'aux femmes dont le sexe est épilé, c'est-à-dire conforme aux normes du libertinage. Pour peu qu'on refuse de s'y plier, "Clone a pussy" devient donc doublement inutile.
Monsieur R.
Octobre 2008 : Le fauteuil "La courtisane"
Tout a donc commencé il y a quelques années avec le sex-toy, c'est-à-dire le bon vieux godemiché des familles en vente sous le nom "masseur vibrant" chez la Redoute depuis le temps de nos grands-mères, qu'il s'est subitement fallu de posséder, de collectionner, de propager sans se poser de questions sous peine d'avoir l'air de ne pas être dans le coup. Les boutiquiers ont gagné, le sex-toy est aujourd'hui un objet tendance, c'est-à-dire commercialisable à loisir avec la certitude d'un public prêt à y mettre docilement le prix. Mais la "tendance" est un monstre aux multiples têtes qui réclament toutes leur part du gâteau. Voici donc venir "Eve de la Rosalière" (qui ne sent pas du tout son pseudo), créatrice du fauteuil "La courtisane". La présentation qu'en fait le site Fashions Addict est un gag en elle même: "Cette femme, résolument moderne, libre et spontanée, a beaucoup travaillé
pour donner une réalité à un fantasme et ainsi, oeuvrer à l’épanouissement
charnel du couple. Pour concevoir ce fauteuil érotique d’un nouveau
genre, elle s’applique dans l’esthétisme des contours, la rondeur des
formes, la noblesse des matériaux et le raffinement des finitions. La
beauté du meuble et sa fonctionnalité se confondent avec finesse et
subtilité.
La Courtisane deviendra très vite l’alliée incontournable d’une
sexualité riche et épanouissante. La Courtisane s’adresse à
toutes les générations, sans contre-indication liée à l’âge, et
convient parfaitement aux couples hétérosexuels, gays ou lesbiens, avec
pour seule limite la satisfaction des désirs les plus fous." Applaudissements. Monsieur R.
Septembre 2008 : La poupée Barbie Black Canary
Ceci n'est pas une poupée Barbie détournée et prise en photo par un internaute contestataire et taquin, mais bel et bien la nouvelle création du groupe Mattel commercialisée en septembre. Bottes gothiques, bas résilles, mini short et blouson d'inspiration latex, maquillage outrancier, il n'en fallait pas plus pour agacer le groupe religieux Christian Voice, dont un porte-parole a expliqué dans le journal anglais The Sun: « Une poupée pour enfant en tenue sexuellement suggestive, c'est irresponsable. C'est sale ». Mattel se défend en expliquant que sa nouvelle Barbie S.M. est en fait l'adaptation d'un personnage de comics, Black Canary, super-héroïne experte en arts-martiaux et capable de neutraliser ses adversaires par son seul cri. Nous voilà rassurés : c’est pas du cul, c’est de la culture, éternelle rengaine du boutiquier honteux d’exploiter comme les autres le créneau de la quincaillerie porno-chic. Rien de nouveau sous le soleil, donc, mais une nuance intéressante tout de même. Barbie, s'il est besoin de le rappeler, cristallise à elle seule le paroxysme de la femme asservie aux diktats des goûts masculins les plus passéistes et stéréotypés: blonde, cheveux longs, taille de guêpe, bonne dans le sens le plus commun du terme mais jamais vulgaire ni provocante, au contraire toujours propre sur elle et raisonnablement souriante. Barbie a bâti son empire sur une image de bienséance à toute épreuve que l'on pourrait croire écornée avec ce nouveau modèle que d’aucun ne manqueront pas d'accueillir comme le signe d’une évolution des mœurs et d’un desserrement de la morale puritaine. Et si c'était l'inverse ? Si c'était le folklore S.M., qui était devenu propret au point de pouvoir faire ton sur ton avec une poupée Barbie ? Avec son emblématique poupée, l'Amérique a exporté pendant des décennies l'image d'une femme au foyer à l'intérieur impeccable et aux dents toujours blanches. Et rien ne change vraiment. Elle est aujourd'hui simplement invitée à quitter sporadiquement ses nippes rose bonbon pour s'habiller en demi-pute. Mais avec le sourire, toujours. Vous aimez le S.M.? Boycottez cette daube !
Monsieur R.
Tout sur la Barbie S.M.: http://www.barbiecollector.com/showcase/product.aspx?id=1... L'article du Sun : http://www.thesun.co.uk/sol/homepage/news/article1428128....
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