|
|
||||
|
|
L'IMAGE PAS BANDANTE DU MOIS
L'image pas bandante du mois, c'est bien sûr l'affiche de "Cyprien", le dernier film d'Elie Sémoun. Pas bandante et guère plus mouillante même si son titre fait l'anagramme avec cyprine, et pour cause: si l'on considère l'art comme la sublimation de l'énergie libidinale, difficile de se laisser emporter par l'univers fantasmatique d'un humoriste qui nous ressert son personnage fétiche sans aucune variation plus de dix ans après sa création. Elie Semoun où l'invention du libidogramme plat. (Mr R.) Janvier 2009 : la couverture du numéro 1 de Marc Dorcel Magazine
L'image pas bandante du mois, c'est la couverture du tout premier numéro du magazine de Marc Dorcel, label d'édition pornographique prétendument de qualité sauf lorsqu'il sort un journal. Une maquette aussi moche que celle de l'Autre Sexe, une titraille à faire passer Cauet pour un prix Nobel de littérature, sans oublier la pin-up qui synthétise à elle seule tous les clichés de l'icône pornographique qu'on ne veut plus jamais voir : blonde décolorée, faux seins, maquillage à la truelle, bas noirs, costume d'infirmière... même son pseudo est réchauffé: Tarra White ne nous fera pas oublier Zara White (une des rares stars du X aux seins minuscules), et Marc Dorcel Magazine ne nous réconciliera pas avec une pornographie qui semble définitivement inapte au renouveau. On le laisse donc bien sagement sous son blister et on économise au passage 8,90 euros. En ces temps de crise financière, ce n'est tout même pas négligeable. (Mr R.)
Décembre 2008 : le talon aiguille
(reconverti en chaussures de sport)
Après Saint-Petersbourg, Berlin et New-York, le leader de la vente de chaussures en ligne sarenza.com a choisi Paris pour organiser sa course en talons aiguilles. L'évènement, qui a eu lieu le vendredi 21 novembre dernier au centre sportif de Bercy, a attiré des dizaines de fashionistas appâtées par le bon d'achat de 3000 euros chez Sarenza promis à la gagnante. Dans le journal 20 minutes, l'envoyée spéciale dépêchée pour participer à la course et couvrir l'évènement raconte: "Réservé aux filles, le défi était de courir par équipe de trois dans un relais de 3x60 mètres, perché sur des talons de huit centimètres minimum. Trente-deux équipes de fashionistas assoiffées de souliers, dont le team 20 minutes, avaient répondu au pied levé, arborant toutes le déguisement « Disco Gymnase Club ». Dans un mix entre défilé de mode et épreuve des Jeux Olympiques, la course ne manquait pas de piquant. Des paillettes, des perruques, des pompons, du flashy, que du 100% disco animé sur du son electro." Sans tomber dans le féminisme anti-talon aiguille de base, et même si l'on goûte volontiers au charme fétichiste de ce genre de chaussures, comment ne pas trouver grotesque la simple idée d'une cohorte de pétasses réduites de leur plein gré à l'état d'animaux de cirque pour 3000 malheureux euros à gagner ? En ce frisquet mois de décembre propice aux après-skis, une poignée de victimes de la mode ont réussi la prouesse de départir de tout érotisme la chaussure pourtant réputée pour en suggérer le plus. La classe. (toutes les images de l'évènement sur le blog de Sarenza) Novembre 2008 : l'affiche du nouveau spectacle de Franck Dubosc
Quoi, il faut que j'argumente ?
Octobre 2008: Skippy, le collectionneur de slips
Puisque ni les services sociaux de sa ville, ni les équipes de Strip Tease ne sont jamais décidés à venir taper à sa porte, Skippy a décidé de devenir célèbre en créant son site web. Il y parle de sa passion des slips et nous présente tous ceux de sa collection personnelle, pris en photo sous tous les angles, nous montrant même ceux de ses amis. On ne sait pas trop s'il faut en rire ou en pleurer mais une chose est sûre: on est content de savoir que cette homme là existe. C'est là que ça se passe : http://slip.kangourou.free.fr/ (Mr R.)
Septembre 2008: Ma femme s'appelle Maurice
L'image pas bandante du mois, c'est bien sûr l'affiche de la pièce "Ma femme s'appelle Maurice" reprise au théâtre des Nouveautés de Paris avec Georges Beller et Maurice Risch sous la direction de Jean-Luc Moreau. Quelques années après Chevalier et Laspalès dans les mêmes rôles, qui en avaient déjà fait quelque chose d'assez laid, Risch et Beller réussissent la prouesse non pas d'innover dans le répugnant - des vieux bonhommes en robes, perruques et maquillage, on a déjà vu ça mille fois -, mais d'en repousser les limites. Dans le registre du vieux travelo peinturluré qui fait rire l'homophobe aviné, on n'avait en effet encore rien vu d'aussi ignoble, pas même dans les vieux cabarets transformistes type "chez Michou" où la nostalgie tristoune qui se dégage de ce genre de lieux anachroniques permet toujours d'éprouver quelque compassion à l'endroit de ceux qui s'y produisent. Mais là, impossible d'accorder la moindre circonstance atténuante à ces vieux rats de théâtre de boulevard (au demeurant fort sympathiques) déguisés en rombières, l'image est intégralement répugnante et tout y participe, de la couleur des robes à l'outrance du maquillage en passant par les mines des duettistes. Face à une telle image, que l'on soit homme ou femme, difficile de ne pas éprouver, à moins d'être atteint de quelque paraphilie particulièrement exotique, un gel plus ou moins durable de toute pulsion libidinale. (Mr R.)
(mais comment, mais pas du tout, vous trouvez cette affiche au contraire très bandante : témoignez)
|